El-Goléa, Algérie
Coopérative de tisserandes Boudiaf



La coopérative est gérée par Hadda Beddiaf qui a commencé seule, sans budget, comme tisserande. Dès 1991, elle s’installe à mi-temps dans un local inutilisé par son mari. Petit à petit, d’autres femmes ont commencé à s’intéresser à son projet et à acheter ses productions. Chaque fois qu’elle vendait un tapis, elle réservait de quoi acheter la matière première d’un tapis et demi. A partir de 1993, l’Etat algérien a autorisé la création de petites coopératives. Les débuts ont été difficiles d’autant que Hadda était la première femme à entamer un projet de travail à l’extérieur du domicile familial à El-Goléa, mais peu à peu les femmes ont pris confiance. Une avance garantit toujours le salaire des artisanes qui, pour la plupart d’entre elles, tissent à la maison. En effet, la possibilité de travailler chez elles leur permet en parallèle de s’occuper de leur foyer. De plus, traditionnellement, chaque famille possède un métier à tisser, outil artisanal destiné à fabriquer des biens d’équipement domestique et les trousseaux des futures mariées.

Jusque là, Hadda ne savait pas qu’il existait des associations pour aider ce genre d’initiative et n’avait confiance qu’en elle même. Pourtant, en 1995, la coopérative rencontre l’association FEDA (Femmes et Développement en Algérie). Malgré une certaine défiance, habituée à ce qu’on ne donne jamais rien sans compensation, la coopérative accepte de collaborer pour obtenir des formations initiées par FEDA dans le cadre de projets de développement. De plus, FEDA propose de participer à l’équipement et à la viabilisation des locaux, ainsi qu’une aide à la commercialisation internationale des ouvrages produits par la coopérative. Le développement de la structure a entraîné l’ouverture d’un centre de formation pour tisserandes.

Réticentes au départ, les familles sont peu à peu venues voir Hadda pour qu’elle forme et éventuellement qu’elle embauche leurs filles. Une convention a été passée avec le Centre de Formation Professionnelle, afin que la coopérative puisse servir de terrain de stage pratique et que la formation soit également qualifiante pour ces jeunes femmes, leur permettant de passer leur diplôme d’artisanes. Aujourd’hui, 70 femmes ont pu valider un diplôme reconnu par l’Etat après 24 mois de formation. Jusqu’à présent, la réussite concerne 100% des jeunes filles formées. Quelques unes sont désormais employées par la coopérative Boudiaf, plusieurs ont trouvé du travail dans d’autres villes, certaines dans des coopératives, d’autres encore ont monté leur propre affaire. Désormais, Hadda aimerait que les femmes puissent travailler dans un même lieu, mais tout l’espace disponible est actuellement réservé à la formation. Malgré l’appui apporté par FEDA pour l’agrandissement du local, celui-ci reste insuffisant, compte tenu des prix de la construction en Algérie. L’extension réalisée est d’ores et déjà dépassée par une demande croissante. Pour cela, elle cherche des appuis pour agrandir la structure.

Enfin, les femmes déposent régulièrement leur argent à la coopérative pour préparer les rentrées scolaires ou les fêtes, la structure de Hadda est ainsi devenue une sorte de caisse solidaire. Aujourd’hui, la coopérative fait partie du réseau inter-régional de petites entreprises coopératives féminines d’artisanat traditionnel et d’artisanat d’art, initié par l’association FEDA en Algérie.



Informations recueillies par l'équipe de la Chambre des Beaux Arts de Méditerranée, en collaboration avec FEDA à El-Goléa, Algérie, en avril 2002.



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